La convention fiscale France-Bulgarie

Signée en 1987 et toujours en vigueur, elle décide pour chaque revenu lequel des deux États a le droit de l'imposer. C'est le document qui prime sur tous les autres.

Mis à jour le

1987
année de signature
183 jours
le seuil de résidence
5 %
sur les dividendes bulgares
France
pour les loyers d'un bien français

Ce que règle la convention

Conforme aux standards de l'OCDE, et antérieur de vingt ans à l'entrée de la Bulgarie dans l'Union.

La France et la Bulgarie ont signé une convention fiscale en 1987, toujours applicable. Son objet est double : empêcher qu'un même revenu soit imposé deux fois, et prévenir l'évasion fiscale entre les deux États.

C'est le document de référence pour tout expatrié. Il définit, revenu par revenu, lequel des deux pays a le droit d'imposer, et par quelle méthode la double imposition résiduelle est éliminée, par exemption ou par crédit d'impôt.

Combinée à la flat tax à 10 %, elle détermine l'essentiel du calcul. La comprendre avant de transférer sa résidence évite de découvrir après coup qu'une partie des revenus reste imposable en France.

La résidence fiscale

Tout part de là. Une personne est en principe résidente fiscale d'un État si elle y séjourne plus de 183 jours par an, ou si elle y a son foyer permanent : conjoint, enfants, logement principal.

Le cas difficile est celui de la double résidence, lorsque les deux États vous considèrent comme résident. La convention prévoit alors des critères de départage, appliqués dans un ordre strict.

La skyline de Sofia vue du ciel, entre immeubles achevés et chantiers
La convention de 1987 répartit le droit d'imposer, revenu par revenu. Elle évite la double imposition, elle ne dispense pas de déclarer.

Quand les deux pays vous réclament

Quatre critères, appliqués dans cet ordre. On s'arrête au premier qui tranche.
01Le foyer permanent
L'État où la personne dispose d'un foyer d'habitation permanent. Si elle en a un dans les deux pays, on passe au critère suivant.
02Le centre des intérêts vitaux
L'État avec lequel les liens personnels et économiques sont les plus étroits : famille, affaires, vie sociale, patrimoine. C'est le critère décisif dans la majorité des litiges.
03Le lieu de séjour habituel
L'État où la personne séjourne habituellement. La règle des 183 jours intervient ici, sans être exclusive.
04La nationalité
En dernier recours. Un Français vivant en Bulgarie sans centre d'intérêts clairement établi peut être regardé comme résident fiscal français par défaut.

Salaires et dividendes

Les revenus d'une activité salariée sont imposables dans l'État où l'activité s'exerce. La règle des 183 jours vise le détachement : en travaillant moins de 183 jours dans un État pour un employeur qui n'y est pas résident, vous restez imposable dans votre État de résidence.

Pour les dividendes, la convention plafonne la retenue à la source à 10 % dans l'État de source. La Bulgarie n'en applique que 5 %, donc en deçà du plafond conventionnel : c'est le droit interne bulgare qui s'applique, plus favorable que le traité.

Les revenus fonciers restent français

Le point qui surprend le plus les expatriés qui conservent un bien en France.

Les revenus d'immeubles (loyers comme plus-values) sont imposables dans l'État où le bien se situe. Un appartement à Lyon loué par un résident bulgare reste donc imposé en France, au barème progressif, prélèvements sociaux compris.

Ces revenus ne sont pas imposés une seconde fois en Bulgarie : la convention élimine la double imposition par exemption ou par crédit d'impôt. Mais l'impôt français, lui, est bien dû, s'expatrier ne le fait pas disparaître.

Pensions privées et pensions publiques

La distinction qui change tout : qui verse la pension, pas qui la perçoit.

Retraites du secteur privé

Les pensions des régimes de base et complémentaires du privé sont imposables dans l'État de résidence. Résident fiscal bulgare, vous les déclarez en Bulgarie, au taux de 10 %. L'écart avec le barème progressif français est souvent considérable.

Pensions de fonctionnaires d'État

Les pensions versées par l'État français restent imposables en France, où que vous viviez. La règle vise les fonctionnaires d'État. Le sort des agents des collectivités et de la fonction publique hospitalière dépend du régime exact. Vérifiez le vôtre avant tout calcul.

Le détail du parcours pour un retraité figure sur notre page prendre sa retraite en Bulgarie.

Qui impose quoi

Répartition du droit d'imposer par type de revenu
Type de revenuÉtat imposableEn pratique
SalairesÉtat où l'activité est exercéeLa règle des 183 jours tranche
Revenus indépendants et EOODÉtat de résidence fiscale effective10 % en Bulgarie
DividendesRetenue à la source plafonnée à 10 %La Bulgarie n'applique que 5 %
Revenus fonciersÉtat où se situe l'immeubleBien en France, impôt en France
Retraites privéesÉtat de résidence du retraité10 % si résident bulgare
Retraites publiquesÉtat qui verse la pensionFrance pour un ancien fonctionnaire d'État
Plus-values immobilièresÉtat où se situe le bien19 % et prélèvements sociaux en France

Cinq situations courantes

Cas pratiques d'imposition franco-bulgare
SituationPays qui imposeTaux applicable
Consultant indépendant installé à SofiaBulgarie10 % sur les bénéfices, 5 % sur les dividendes
Propriétaire d'un appartement à Lyon vivant à PlovdivFranceBarème progressif et prélèvements sociaux
Retraité du privé à VarnaBulgarie10 %
Ancien fonctionnaire d'État à SozopolFranceBarème progressif
Associé percevant des dividendes d'une EOODBulgarie5 %

Questions fréquentes sur la convention franco-bulgare

Quel pays est le plus avantageux fiscalement en Europe ?

Sur le taux affiché, la Hongrie (9 % sur les sociétés) et l'Estonie (0 % tant que le bénéfice n'est pas distribué) devancent la Bulgarie. Sur l'ensemble, la Bulgarie garde l'avantage : 10 % sur le revenu comme sur les bénéfices, 5 % sur les dividendes, des cotisations plafonnées, et le coût de la vie le plus bas de l'Union. Chypre et l'Irlande offrent des taux voisins, mais y vivre coûte deux à trois fois plus cher.

Comment prouver sa résidence fiscale bulgare à l'administration française ?

Plusieurs pièces font foi, et c'est leur faisceau qui convainc : l'attestation de résidence fiscale délivrée par l'administration bulgare, la carte de séjour, les relevés de comptes bulgares, le bail ou l'acte d'achat sur place, et les justificatifs de déplacements attestant de séjours effectifs. Constituez ce dossier avant le premier échange avec l'administration française, pas après.

Je garde un bien immobilier en France : comment est-il imposé ?

Les loyers d'un bien situé en France restent imposables en France, même pour un résident fiscal bulgare. Vous déposez une déclaration de revenus fonciers en France et acquittez l'impôt français. La convention empêche que ces revenus soient imposés une seconde fois en Bulgarie. Les prélèvements sociaux restent dus en France sur ces revenus fonciers.

La convention couvre-t-elle les crypto-actifs ?

Ils ne sont pas mentionnés dans un texte de 1987. En pratique, les plus-values sur actifs numériques sont généralement assimilées à des revenus de capitaux mobiliers, imposables dans l'État de résidence, donc à 10 % pour un résident bulgare. Cette analyse évolue avec les travaux de l'OCDE sur les actifs numériques : faites-la valider pour votre cas.

Ma pension française est-elle imposable en Bulgarie ?

Cela dépend de sa nature. Une retraite du secteur privé est imposable dans l'État de résidence : en Bulgarie, à 10 %, si vous y résidez fiscalement. Une pension versée par l'État français à un ancien fonctionnaire d'État reste imposable en France, quelle que soit votre résidence. Vérifiez la nature exacte de votre régime avant de faire un calcul.

Faut-il déclarer ses revenus français en Bulgarie ?

Oui. Un résident fiscal bulgare déclare l'ensemble de ses revenus mondiaux à l'administration bulgare, revenus français compris. La convention évite la double imposition (par crédit d'impôt ou par exemption). Elle n'exonère pas de l'obligation déclarative. L'impôt bulgare peut être nul sur ces revenus, la déclaration reste due.

La Bulgarie face aux autres régimes européens

La question qui vient juste après : d'autres pays européens font-ils mieux ?
Taux d'imposition comparés en Europe
PaysSociétésRevenu des personnesCe qui nuance le taux
Bulgarie10 %10 %5 % sur les dividendes, cotisations plafonnées
Hongrie9 %15 %Taxe locale d'entreprise en plus, jusqu'à 2 %
Roumanie16 %10 %Régime micro-entreprise resserré depuis 2024
Chypre12,5 %0 à 35 %Statut non-dom, mais coût de la vie bien plus élevé
Irlande12,5 %20 à 40 %Taux bas sur les sociétés seulement
Estonie0 %20 %0 % tant que le bénéfice n'est pas distribué
France25 %0 à 45 %Flat tax de 30 % sur les dividendes

Source · Taux nominaux en vigueur en 2026, hors régimes dérogatoires et hors cotisations sociales. Un taux nominal ne dit pas ce que vous paierez réellement.

Sur le seul taux affiché, la Hongrie devance la Bulgarie sur les sociétés (9 % contre 10 %) et l'Estonie les devance toutes tant que le bénéfice reste dans l'entreprise. Mais la Hongrie ajoute une taxe locale d'entreprise et impose les personnes à 15 %, et l'Estonie taxe à 20 % dès la distribution.

L'avantage bulgare tient à la combinaison, pas à un record : 10 % sur le revenu des personnes comme sur les bénéfices, 5 % sur les dividendes, des cotisations plafonnées, et le coût de la vie le plus bas de l'Union. Chypre et l'Irlande offrent des taux comparables sur les sociétés, mais y vivre coûte deux à trois fois plus cher, ce qui annule l'écart pour un indépendant.

Le vrai départage n'est donc pas fiscal. Il porte sur la condition de résidence, identique partout : il faut réellement y vivre. Le calculateur chiffre ce que l'écart représente dans votre cas.