La Bulgarie dans l'espace Schengen

Une adhésion en deux temps, treize ans après la candidature. Pour un Français, elle change moins qu'on ne l'imagine. Pour un non-Européen, elle change beaucoup.

Mis à jour le

Mars 2024
frontières aériennes et maritimes
Janvier 2025
frontières terrestres
2011
année de la candidature
90 / 180
la règle, désormais à l'échelle de l'espace

Comment l'adhésion s'est faite

Candidate depuis 2011, la Bulgarie est entrée en deux étapes distinctes.

31 mars 2024

Voies aériennes et maritimes

Fin des contrôles dans les aéroports et les ports pour les arrivées en provenance de l'espace Schengen. Un vol Paris-Sofia devient l'équivalent d'un vol intérieur à l'espace.

1er janvier 2025

Frontières terrestres

Fin des contrôles avec la Roumanie, entrée en même temps, et avec la Grèce. Les frontières turque et serbe, hors espace, restent contrôlées.

Ce qui change à l'arrivée

Pour un ressortissant de l'Union, le changement est modeste : la libre circulation était acquise depuis l'adhésion de la Bulgarie à l'Union en 2007. La différence visible est la disparition du contrôle des passeports aux aéroports et aux frontières internes.

Concrètement, aller de Paris à Sofia ressemble désormais à un trajet Paris-Madrid : aucun tampon, aucune file de contrôle des personnes. La carte d'identité suffit.

Ce que gagnent les expatriés

Ce que l'adhésion ouvre, et ce qu'elle contraint

C'est pour eux que l'adhésion change réellement quelque chose.
  • un visa D bulgare permet désormais des séjours courts dans l'ensemble de l'espace, selon les règles propres à chaque nationalité.
  • la règle des 90 jours sur 180 s'apprécie à l'échelle de tout l'espace, et non plus de la seule Bulgarie.
  • l'entrée dans l'espace est enregistrée comme telle, pas comme une entrée en Bulgarie.

Ce que Schengen ne change pas

Ni le droit au séjour, ni la carte de séjour, ni l'enregistrement en commune, ni la résidence fiscale : ces règles relèvent du droit bulgare et du droit de l'Union, pas de l'accord de Schengen.

L'autre confusion fréquente porte sur la monnaie. Schengen et la zone euro sont deux constructions distinctes : la Bulgarie est entrée dans la première en 2024-2025, dans la seconde au 1er janvier 2026. Le détail figure sur notre page le lev et l'euro.

Questions fréquentes sur la Bulgarie et Schengen

Schengen change-t-il les règles de la carte de séjour ?

Non, en rien. Les conditions d'obtention de la carta za prebivavane restent les mêmes : séjour de plus de trois mois, justification d'un motif, dossier déposé à la Direction Migration. Schengen porte sur les contrôles aux frontières internes, pas sur le droit au séjour.

Un Marocain titulaire d'un visa D bulgare peut-il circuler dans Schengen ?

En principe oui, pour des séjours courts de 90 jours sur 180, sous réserve des règles applicables à sa nationalité. C'est le changement le plus substantiel apporté par l'adhésion : avant 2024, un visa D bulgare ne valait que pour la Bulgarie. Vérifiez les conditions propres à votre nationalité auprès du consulat.

Où en est la Bulgarie sur l'euro ?

La question est réglée : la Bulgarie a rejoint la zone euro le 1er janvier 2026, au taux de conversion de 1,95583 lev pour un euro, celui-là même qui s'appliquait depuis 1999. Schengen et l'euro sont deux processus distincts, souvent confondus, qui ont abouti à un an d'intervalle.

Schengen affecte-t-il la résidence fiscale ?

Aucunement. La résidence fiscale bulgare se détermine par des critères propres (183 jours de présence, foyer permanent, centre des intérêts vitaux), sans rapport avec l'espace Schengen. La flat tax à 10 % et la convention franco-bulgare sont inchangées.

Faut-il encore déclarer son séjour ?

Oui, pour un séjour de plus de trois mois. Un citoyen européen doit toujours s'enregistrer auprès de sa commune de résidence et demander sa carte de séjour. Schengen a supprimé les contrôles aux frontières internes, pas les obligations administratives des résidents.